
Apparu sur la scène artistique espagnole dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, Goya a su incarner à lui seul les richesses et les contradictions d'une Espagne qui voit son ancien monde dominé par l'aristocratie et l'Église bousculé par un nouvel ordre social incarné désormais par une bourgeoisie industrielle et commerçante et au sein duquel le peuple commence à faire entendre sa voix. La diversité de son art s'étend sur une longue carrière de soixante-six ans : né en 1746 près de Saragosse, Goya peint ses premières œuvres à l'âge de seize ans et travaille jusqu'à sa mort à Bordeaux en 1828. Il traverse la révolution intellectuelle et artistique des lumières, reçoit avec l'Espagne tout entière les échos de la Révolution française, vu les règnes de Charles III et de Charles IV, l'invasion des troupes napoléoniennes des années 1810, l'absolutisme de Ferdinand 7, bref toute la tourmente que son œuvre portera jusqu'à la fin de sa vie.
L'Espagne a connu une période de prospérité et de créativité artistique uniques lors du "Siècle d'Or", qui entre le XVIème et le XVIIème siècles voit s'épanouir des talents nommés Velazquez, Murillo et Zurbaran. Héritier des Maîtres, Goya débute sa carrière à la Cour madrilène comme portraitiste en 1775. Dans un milieu favorable au néo-classicisme et à l'esthétique de la grâce propre à son temps, il ne va pas tarder à se singulariser par un style puissant, expressif et sans concession aucune...
2- Affirmation d'un génie visionnaire
Devenu Peintre du roi Charles IV, Goya est à la fin du XVIIIème siècle un artiste reconnu. Il ne renonce pas pour autant à la critique de la Cour et des travers de la société espagnole. La satire se fait particulièrement grinçante dans ses gravures. Avec une virtuosité exceptionnelle, l'album intitulé "Caprices" s'attaque ainsi à l'Inquisition, aux Puissants corrompus, au Clergé dépravé, ou encore à la superstition populaire. Goya excelle avec une franchise et une audace à toute épreuve.
3- Goya, père du modernisme
L'invasion napoléonienne de 1808 plonge l'Espagne dans le chaos. Goya se fait reporter, et illustre le drame et la cruauté dans des toiles devenues mythiques et dans un nouvel album de gravures : "Les désastres de la guerre". La sauvagerie humaine et son désespoir personnel s'expriment ensuite à travers ses célèbres "Peintures noires", réalisées sur les murs mêmes de son dernier logis espagnol. Déçu et malade, il termine sa vie à Bordeaux, nous léguant quelques uns de ses plus beaux portraits.
Tarif du cycle: à partir de 900 € (en fonction du lieu de l'intervention)